Interview

Ecotrail 2016 Nicolas Duhail

Fiche identité coureur :

Nom : DUHAIL

Prénom : Nicolas

Date de naissance : 24/01/1991

Catégorie : Senior

Club : TEAM OUTDOOR POLI – ACCRORUN VILLEPREUX

Taille : 1,84m

Poids : 72kg

 

Palmarès 2015 :

La Romeufontaine Authentique, Font-Romeu (66), 25km, 18/01/2015, 2ème, 2.21.45

Trail du Ventoux, Bédoin (84), 40km, 15/03/2015, 26ème, 3.55.21

EcoTrail, Paris (75), 30km, 21/03/2015, 3ème, 1.58.36

Marathon de Sauternes, Sauternes (33), 43km, 24/05/2015, 3ème, 2.42.15

Tour des Glaciers de la Vanoise, Pralognan-la-Vanoise (73), 73km, 05/07/2015, 5ème, 9.21.24

 

Courchevel X-Trail, Courchevel (73), 54km, 02/08/2015, 14ème, 7.52.58

OCC, Chamonix (74), 53km, 28/08/2015, 12ème, 5.59.20

Imperial Trail, Fontainebleau (77), 62km, 19/09/2015, 1er, 4.57.55

Grand Trail des Templiers, Millau (12), 76km, 25/10/2015, 12ème, 7.31.10

Palmarès 2016 :

MaxiCross de Bouffémont, Bouffémont (95), 07/02/2016, 41km, 2ème, 03.23.26

Trail des Villes Royales, Versailles->Rambouillet (78), 21/02/2016, 53km, 1er, 03.47.06

Trail d’Auffargis, Auffargis (78), 06/03/2016, 33km, 1er, 02.35.42

EcoTrail, Paris (75), 19/03/2016, 80km, 1er, 05.25.27

Trail du Josas, Jouy-en-Josas (78), 10/04/2016, 36km, 2ème, 02.38.50

Bonjour Nicolas et merci de prendre quelques minutes pour répondre à nos questions. Depuis 3 ans, nous te voyons faire des beaux résultats sur les trails franciliens. L’an dernier, les experts auront également pu remarquer ta superbe performance au grand trail des Templiers, course sur laquelle tu finis à une superbe 12ème place juste derrière Martin REYT et Sylvain COURT. Et tu remportes cette année ta plus belle victoire à l’EcoTrail de Paris 80. Quelle progression, tu vas nous raconter un peu tout cela. Comment tu as appréhendé cette course et comment tu comptes organiser la suite de ta saison.

  1. Nicolas, on commence à bien connaitre le coureur que tu es et ton palmarès qui s’étoffe de plus en plus mais peux-tu te présenter en quelques lignes.

Tout d’abord bonjour à tous. Je m’appelle Nicolas DUHAIL, j’ai 25 ans depuis janvier. Dernier d’une famille de 4 enfants (deux frères et une sœur), j’habite encore chez mes parents dans les Yvelines (il y a quand même beaucoup d’avantages comme Tanguy l’avait bien compris !).

Je travaille à Suresnes dans une petite société qui développe une application d’e-achats. Je suis ingénieur développement, concrètement je fais de la programmation en langage JAVA.

J’ai passé tout de même 3 ans en Bretagne pour mes études, durant lesquels j’ai attrapé le virus du trail et de la compétition, sous l’impulsion de mes 2 frères qui pratiquaient déjà la course à pied. Je suis un gros mangeur, donc au départ je courais surtout pour faire un peu d’exercice et pouvoir m’empiffrer à volonté, puis j’ai vite pris goût à la performance. Mais ce n’est pas pour ça que j’ai arrêté de manger, bien au contraire !

2. Si on te demandait de définir le coureur que tu es en quelques mots, lesquels seraient-ce ?

  • Endurant: j’aime les efforts longs de plusieurs heures, et je faiblis peu en cours de route.
  • Régulier: en général, j’arrive à garder un rythme assez constant sur mes courses.
  • Diesel: je suis lent au démarrage, je n’aime pas partir au taquet dès le coup de pistolet.
  • Battant: je ne lâche rien !

ecotrail

3. En 2015, on t’a vu commencer par des cross, puis alterner trails et courses sur route assez fréquemment. Cette année, il me semble que tu as privilégié les trails. Etait-ce en vue de l’EcoTrail de Paris justement ? Peux-tu nous expliquer comment tu as construit ce début de saison en termes de compétitions afin d’arriver fin prêt le jour J ?

L’année dernière, comme en 2014, j’ai participé à beaucoup de compétitions, sans doute trop. J’ai mis longtemps à le comprendre, mais on ne peut pas être performant avec une (ou parfois deux !) course chaque week-end.

J’ai donc décidé en 2016 de cibler un peu plus mes objectifs, et de m’inscrire à d’autres courses en préparation pour ces objectifs. En ce début d’année, le gros morceau était l’EcoTrail 80km.

Afin d’arriver compétitif, j’ai participé à uniquement 5 courses de préparation :

  • l’Hivernale 24km en reprise à la sortie de l’hiver ;
  • le MaxiCross de Bouffémont 41km pour faire du dénivelé ;
  • le Trail des Villes Royales 53km très roulant ;
  • le Trail d’Auffargis 33km avec de la boue et des jolis côtes ;
  • le Trail Nocturne des Flambeaux 18km pour faire un peu de rythme.

J’ai participé à toutes ces courses sans réduire l’entraînement afin de bien travailler sur la fatigue. L’important était d’être frais au départ de l’EcoTrail.

4. Du coup, comment gères-tu tes entrainements ? Suis-tu un plan d’entrainement ? Combien de fois cours-tu par semaine ? Sur quels types de séances ? As-tu changé de type d’entraînement par rapport à 2015 ?

Je gère mes entraînements comme bon me semble : je n’ai pas de coach, c’est moi qui décide selon mes envies. En 2014 et 2015, lorsque je préparais une grosse course, mon frère Jonathan préparait souvent un plan d’entraînement sur 2 mois que j’essayais de suivre. Pour certains ça permet de s’obliger à sortir, mais pour ma part je trouve ça plus contraignant qu’utile. L’envie de courir suffit à me motiver 🙂

Je m’entraîne au sein d’une association orientée trail, ACCRORUN VILLEPREUX : une séance sur un parcours vallonné le mardi soir, une séance de fractionné le jeudi soir, une séance avec dénivelé le samedi matin et une sortie longue le dimanche matin. C’est agréable de s’entraîner en groupe, donc j’y vais aussi souvent que possible.

Depuis début 2016, j’ai également la chance de pouvoir m’entraîner le midi en semaine, avec le groupe Dassault Sport de Suresnes. J’ai donc suivi leur plan d’entraînement pour le marathon de Paris afin de travailler ma vitesse (VMA, seuil, côtes rapides, et bien sûr des footings de récup).

nicolas duhail ecotrail

Au pic de ma préparation pour l’EcoTrail, j’ai donc été jusqu’à 10 entraînements par semaine, soit plus de 200km. Mais bien sûr ce n’est pas toutes les semaines comme ça. Depuis l’EcoTrail, j’ai bien relâché et je suis en moyenne à 5 séances par semaine, ça permet de se relâcher un peu.

J’ai également investi dans un vélo de route depuis début 2015, donc je fais parfois de belles sorties au soleil le week-end. Ça permet de faire un peu de volume autrement et c’est surtout beaucoup de plaisir !

5. Dès le début des 80 kilomètres de l’EcoTrail, tu es parti avec le groupe de tête. C’était prévu ? Comment as-tu géré cela ? De combien de coureurs étaient composé ce groupe de tête ?

« Dès le début », c’est vite dit ! J’ai bien mis 3 ou 4 kilomètres à recoller le groupe de tête, lorsque Yohann STUCK a décidé de lever légèrement le pied. Je n’avais pas vraiment prévu de stratégie : en rigolant, je me disais que la bonne idée était de suivre Manu GAULT jusqu’à la Tour Eiffel pour éviter de se perdre (7ème participation pour lui), puis de mettre une mine dans les escaliers !

Nous étions 5 coureurs dans ce groupe de tête : Arnaud PERRIGNON, Jérémy PIGNARD, Yohann STUCK, Emmanuel GAULT, et moi-même. Le rythme était très soutenu mais le groupe n’a pas explosé avant la mi-course.

Pour ma part, j’ai dû serrer les dents pour rester au contact sur les parties roulantes, tandis que j’étais plutôt facile dès que la pente s’élevait. C’est dans les côtes que je pouvais récupérer.

6. J’imagine que cela discute un peu dans les premiers kilomètres d’une course aussi longue. Du coup, de quoi parlez-vous tous ? Des résultats de la ligue des Champions ? Du temps qu’il fait ? De la course ?

J’aurais bien aimé pouvoir discuter un peu mais j’avais le souffle court dans ce début de course, et je n’étais pas le seul. Jérémy et Yohann étaient les plus à l’aise et pouvaient se permettre de discuter de leurs objectifs à venir, de l’état du terrain… Arnaud, Manu et moi étions plutôt en observation lors des premiers kilomètres.

J’étais plus en mesure de parler à partir de la mi-course. Avec Yohann lorsque nous n’étions plus que 2 en tête, nous discutions (entre autres) de la capacité de Manu à revenir, et qu’il était temps de prendre nos responsabilités 🙂

7. Quand as-tu su que tu pouvais jouer la gagne ?

Tant que j’étais dans le groupe de tête, je savais que tout était possible, craquer lamentablement ou bien gagner la course. Par contre, je n’ai commencé à y croire réellement que lorsque j’ai décroché mon dernier adversaire Yohann dans une descente à 12 kilomètres de l’arrivée, dans le parc de Saint-Cloud. Mais jusqu’au bout, je n’étais pas serein, je savais que Yohann et Manu étaient capables de revenir sur les quais de Seine, surtout que ma vitesse était décroissante…

Même dans les marches de la Tour Eiffel, les bruits du vent dans la ferraille en-dessous de moi me faisaient paniquer !

finishline ecotrail 2016

8. Qu’as-tu ressenti une seconde après avoir passé la ligne d’arrivée en vainqueur au premier étage de la Tour Eiffel ?

Une grande fatigue ! Juste après avoir franchie la ligne, j’étais vraiment rincé et vidé, je n’avais plus grand-chose qui me traversait l’esprit. Après avoir repris un peu de forces, c’est une sensation d’accomplissement que j’ai ressentie. La concrétisation du travail effectué ces derniers mois. Une grande joie de voir que l’entraînement a payé.

9. S’il y avait un moment qui t’a le plus marqué pendant ces 80 kilomètres, lequel serait-ce ?

Voir mes parents sur l’Île-Saint-Germain, dans les derniers kilomètres, m’a beaucoup touché. Ce n’est pas trop leur genre de venir assister à une course, donc les voir m’encourager, à un instant où j’étais dans le dur, m’a fait énormément plaisir.

10. Comment-as-tu géré les 15 jours suivant l’EcoTrail en termes d’entraînements ?

Je ne suis pas du genre à couper totalement l’entraînement pendant une longue période après une course, mais je sais quand même m’arrêter un minimum. Je sais aussi que je possède une très bonne capacité de récupération.

La course avait lieu le samedi, j’ai passé mon dimanche en pyjama bien au chaud dans mon canapé, un vrai bonheur ! Le lundi, j’ai fait 45 minutes de vélo en récupération le soir, très agréable pour les jambes. Puis j’ai recommencé à trottiner dès mardi, sans forcer, étant donné que je me sentais bien. Uniquement du footing la première semaine, rien de violent.

J’ai ensuite repris des séances plus intenses la semaine suivante, lorsque je ne sentais plus aucune douleur musculaire.

Pour bien récupérer, il n’y a pas de mystère : il faut bien dormir et bien manger, et ça j’y arrive très bien, ce sont mes 2 points forts 😉

11. Et pour la suite de la saison, du coup, qu’envisages-tu ?

J’ai pour l’instant ciblé deux gros objectifs pour la suite de ma saison 2016.

Fin août, je serai au départ (et à l’arrivée j’espère) du Grand Raid des Pyrénées 120km, dans le but de participer en 2017 au Grand Raid de la Réunion. Et oui, pour l’instant je n’ai jamais fait de course de plus de 80km, je n’ai jamais passé une nuit à courir seul dans la montagne, donc ça se prépare un petit peu !

Ensuite, je m’alignerai pour la 3ème année consécutive sur le Grand Trail des Templiers 75km, pour essayer d’accrocher un top 10. C’est un parcours que j’apprécie énormément et le plateau de cette course est toujours impressionnant. Cette année mon frère Jonathan sera aussi au départ, j’espère qu’on arrivera tous les 2 bien préparés pour partager un bout de chemin ensemble.

Voilà pour les objectifs principaux. À part ça, je vais bien sûr participer à des trails franciliens que j’apprécie particulièrement, je pense au Trail des Lavoirs, au Trail des Cerfs, à l’Imperial Trail… Et j’ai également noté l’Origole en décembre, 110km de nuit dans la boue, près de chez moi, ça peut être sympa !

Arrivée Ecotrail 2016

12. Est-ce qu’il y a une course qui te fait rêver plus que tout ?

Non, je n’ai pas une course en particulier qui me fait rêver, mais beaucoup de courses auxquelles j’aimerais participer, à plus ou moins long terme : Diagonale des Fous, Transvulcania, Marathon des Sables, Transgrancanaria, Western States, HardRock, Mont Fuji… Rien que d’y penser j’ai une furieuse envie d’aller courir !

Mais même en France j’ai déjà encore pas mal de coins à visiter : MaxiRace, Echappée Belle, UT4M, Bretagne, Pays Basque, Vosges…

Un triathlon me tente bien également (lorsque j’aurais appris à nager le crawl !), le VentouxMan qui comme son nom l’indique se dispute aux alentours du géant de Provence.

13. Une question que tu aurais aimé que je te pose et sa réponse donc ?

Question : « Accepterais-tu que je paye tes impôts à ta place ? »

Réponse : Avec plaisir Agnès !

Merci Agnès pour cette interview et à bientôt sur les sentiers.

Fiche identité coureur :

Nom : TATARD

Prénom : Jeff

Date de naissance : 18 décembre 1980

Catégorie : Sénior Homme

Club : EFCVO – Team Boutique Marathon ASICS

Taille : 176cm

Poids : 68kilos

Palmarès :

  • 2h34’ au marathon,
  • 3ème du 100kms de MILLAU 2014,
  • 6ème de l’ECOTRAIL 2013,
  • 2ème français au marathon de Florence 2012 et au semi-marathon de Barcelone 2013,
  • 3ème du championnat de France de semi marathon par équipe 2011

Jeff Tatard

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Fiche identité coureur :

Nom :  JAEGER

Prénom : Emmanuelle

Date de naissance : 1er septembre 1967

Catégorie : VF1

Club : AO CHARENTON

Taille : 1,56

Poids : 45 kgs

Palmarès :

  • Vice-championne de France de Marathon catégorie VF1- (2010)
  • 3ème Championnat de France Marathon catégorie VF1 (2011-2014)
  • Vice-Championne du Monde de 100 km route catégorie M45 (2015)
  • 3ème scratch Championnat de France de Km vertical (2015)
Emmanuelle JAEGER

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Apostolos, merci de nous accorder cette interview ! Pour commencer, parle-nous un peu de toi…

 

Hello !  Je m’appelle Apostolos, j’ai 34 ans et j’habite à Levallois Perret en banlieue parisienne. Mais comme mon prénom l’indique j’ai quelques origines méditerranéennes !

– Quand et comment es-tu venu à la course à pied ?

 

J’ai commencé la course à pied il y a déjà une bonne douzaine d’années. A l’origine, c’était pour perdre quelques kilos en trop (je viens du rugby) puis, pour travailler l’endurance (toujours dans le cadre du rugby). Pendant des années j’ai fait des sorties de 30 à 40 min sans aller plus loin. En 2011 des collègues m’ont motivé pour accrocher un premier dossard sur semi routier…Puis un premier trail de 25 km. 4 ans plus tard je finis mon premier ultra trail de 170 km …je suis tombé dedans et je n’en suis plus jamais ressorti.

– Qu’est-ce qui t’intéresse dans le trail et dans l’ultra ?

 

Tout d’abord en tant que parisien je n’ai pas l’habitude de voir la montagne, je ne vais pas skier en hiver. Alors le trail et les ultras sont l’occasion de découvrir des lieux magnifiques, magiques, des panoramas de fous (Andorre, Mont Blanc, les Causses) et de prendre un peu de « hauteur » !  Ça me change de la Butte Montmartre. Plus sérieusement, et encore plus dans l’ultra, tu as du temps pour toi, personne ne vient t’embêter à part la barrière horaire, tu n’as pas de contrainte. Je suis dans les bras de Mère Nature alors j’en profite ! En 30h – 40h tu as le temps de réfléchir à pas mal de sujets, de construire des choses dans ta tête, de relativiser sur d’autres…Personne ne peut te voler ces instants.

Trail de Montagne

– Comment t’entraînes-tu au trail de montagne en région parisienne ?

 

Et bien la Butte Montmartre et ses escaliers sont mon terrain de jeu préféré. Je ne fais quasiment jamais de vraie montagne a l’entrainement je n’en ai pas forcement le temps et les moyens ! Alors des répétitions de montées/descentes d’escaliers et autres murets, ça fait malgré tout des cuisses solides. Comme quoi on peut finir un UTMB (ok en 44h ) en ne s’entrainant qu’à Montmartre. Pour les sorties longues, je fais des tours de Paris en suivant les maréchaux et le periph’ ou alors en suivant le tracé du marathon. Mais pour être sincère, s’entraîner en ville a ses limites ! Les taxis, les bus et les pigeons ne sont pas mes amis !

– Peux-tu revenir rapidement sur ton UTMB 2015 ? Comment s’est-déroulée ta course ? Ton temps ? Ton classement ?

 

2015 devait être l’année de mon premier 100 miles après 4 ultra de 80/90/105 et 120 km en 2014. Je me suis essayé sur la Ronda dels Cims fin Juin mais j’ai abandonné au 50ème !  Je retente en 2016.  Mon objectif 2015 restait l’UTMB.  Course mythique, le rêve de beaucoup de traileurs !  J’avais encore le spectre du coup de chaud de la Ronda en tête et je ne voulais pas refaire les mêmes erreurs sur l’UTMB !  Cette course est longue et c’est surtout la tête qui souffre plus que les jambes !  Je n’avais encore jamais expérimenté 2 nuits dehors, les hallucinations, les 5 changements de tenues durant la course…Finalement, tout s’est déroulé sans encombre finisher en 44h50 autour de la 1300eme place …le temps et le classement restent anecdotiques. J’ai géré, beaucoup marché et économisé le « carburant ». Je n’ai pas eu de problème d’alimentation et c’est ce qui m’a sauvé la vie ! Mes amis ont géré un suivi live 24/24 de folie !!  Ça fait du bien de savoir tout ce monde derrière qui pousse. Et puis il y a ce finish …un finish cadeau que mes potes m’ont fait.

apostolos mont blanc

– Pourquoi et comment as-tu réussi à faire faire tes singeries aux organisateurs lors de ton arrivée sur l’UTMB ?

 

Je connais très bien Ludo Collet, la voix de l’UTMB. C’est un mec en or, un passionné, le genre de personne qu’on rencontre une seule fois dans sa vie !  Et puis il y a les amis des Genoux dans le Gif , présents à l’arrivée. Il y a aussi tous les amis scotchés a leur PC / Facebook/ téléphone, qui m’ont encouragé non stop pendant les 2 jours ! Et tout ce petit monde avait préparé la « danse du Monkey » (ma danse de singe) pendant que j’étais en train de crapahuter sur les hauteurs de Chamonix !  J’ai eu l’accueil réservé aux élites, avec interview… Et puis, un Monkey général avec tous les speakers et les amis de la WebTV. Ce finish vaut bien plus que toutes les polaires de finisher !  J’en ai pleuré après coup, c’est surréaliste !  C’est fou mais on retrouve quand même ses jambes pour faire des singeries, même après 44h de course ! Cette course m’a marqué à vie…

– Peux-tu nous dire un mot sur ton projet de la Diag’ des Fous ? Ce que tu attends de cette course ?

 

La Diag … et dire qu’il y a encore 2 ans je me disais que jamais ô jamais je ne ferais cette course de taré !  Me voilà embarqué pour la Réunion fin octobre !  Encore un rêve que je vais peut-être réaliser !  J’y vais pour en prendre plein la vue mais aussi plein les jambes ! J’y vais pour le voyage « intérieur » et pour affronter mes démons ! On dit que cette course c’est l’enfer au paradis !  Je redoute le passage dans les cirques*, mais en même temps, c’est absolument magnifique !  On dit aussi qu’on revient changé de la Diag !  Je ne sais pas vraiment ce que je vais trouver là-bas mais je sais que cette grande balade va m’apporter beaucoup !  Rendez-vous le 22 octobre à Saint Pierre pour le départ.

Merci pour tes réponses Apostolos ! Bonne continuation et bon courage pour cette participation à la Diag’ des Fous.

*Cirques : enceintes naturelles à parois abruptes, de formes circulaires ou semi-circulaires, formées par une dépression d’origine glaciaire ou volcanique. Source : Wikipédia.

Bonjour Cyrille et tout d’abord merci de nous avoir confié tes impressions suite à cette magnifique et éprouvante épreuve des 80 kms du Mont-Blanc qui s’est tenue le 26 juin 2015.

Tu fais partie des 702 arrivants sur les 1093 partants. Au total tu as parcouru 86 km avec un peu plus de 7000 m de Dénivelé+ en 16h48. Un grand bravo.

La première question que j’ai envie de te poser, comment ça va ? Pas trop fatigué ?

Non pas fatigué mais heureux d’être arrivé. De bonnes sensations tout le long mais un « coup de mou » au km 46.

Comment s’est déroulée ta course ?

Pas mal pour une première. Parti un peu vite pour faire ma place et courir en confort, j’ai ralenti après le Brévent. Ensuite j’ai géré tout le long afin de ne jamais puiser dans les réserves, surtout que j’allais vers l’inconnu. Ma distance maximum auparavant était 56 km avec 1200m de D+.

Au global une course physiquement bonne jusqu’au bout.

Quelles ont-été tes sensations durant la course ?

Bonnes sensations tout le long. Je n’ai jamais forcé. Toujours en gestion par rapport aux différents profils.

Que penses-tu du parcours ? (difficulté, technicité, paysage) ?

Parcours exigeant qui nécessite une bonne préparation. Très accidenté et varié. Des paysages superbes et magiques dans un calme reposant. Des ravitaillements bien dans l’ensemble et des bénévoles agréables. Les gens du coin sont tout aussi agréables.

Comment as-tu géré mentalement ta course ? As-tu eu des périodes de doute ?

J’ai eu de gros doutes jusqu’au moment du départ. Par contre j’étais assez sûr de ma préparation ce qui m’a permis de prendre tout de même un départ assez rapide. Je n’ai pas utilisé de chrono afin de ne pas me mettre de pression ou de prendre de mauvaises allures. J’ai géré au feeling et ce d’un bout à l’autre. J’ai eu un doute avant le km 55 car la partie entre les km 42 et 55 est très longue et montante alors que je ne l’avais pas vu sur le profil.

Etait-ce ta première participation aux 80 kms du Mont-Blanc ?

Oui et en réalité il y avait entre 86 et 89 km

Cyrille Marois


Entraînement test de 9h15 sur Chamonix

J’imagine qu’il est difficile t’anticiper tous les aléas sur une telle course. Mais t’étais-tu fixé un objectif en terme de temps avant la course ?

Oui. J’avais fait un mois avant une sortie test sur Chamonix de 9h15. Suite à cette entraînement j’avais calculé au mieux 15h47 et un maximum de 18 heures

Tu termines l’épreuve en 16h48 (113ème au classement scratch), tu dois être satisfait ?

Oui, très satisfait et pas seulement sur le plan de la course. Aussi sur la préparation et la gestion du ravitaillement.

Je sais que tu vis en région parisienne, quelle a été ta préparation ?

J’ai depuis janvier réalisé une séance longue par mois en randonnée course avec bâtons et en progressif. Ex: janvier 5h, février 6h, mars 7h, avril 8h et mai 9h. Ensuite de janvier à mars, j’ai travaillé sur le foncier et d’avril à juin sur le trail pur. J’ai aussi fait une séance de préparation physique générale par semaine. Quasiment toutes les séances ont été faites autour du Mont Griffon (à Yerres en Essonne).

Le trail n’étant pas ma passion contrairement à la course sur route. J’avais décidé de faire toute la préparation sans jamais forcer, ni me faire mal. De ce fait j’ai pris beaucoup de plaisir. Je me suis donc toujours autorisé à modifier ou raccourcir mes séances. Je n’ai jamais forcé sur un fractionné ou un travail en côtes. Dans le dernier mois les séances longues devenaient rébarbatives et donc je fais une séance le matin et une le soir.

Quelle a été ta préparation spécifique pour franchir ce dénivelé (travail de côte) ?

1 x semaine de côtes longues sur tapis à faible vitesse et à 12% d’inclinaison. EX: 3 x 2000m à 6 km/h et 12%, 10000m récupération entre à vitesse sur plat.

1 x semaine de côtes courtes entre 20 et 50 mètres

1 x semaine de côtes moyennes entre 50 et 100 mètres

 

1000 Kms en 3 mois

Peux-tu me donner quelques chiffres clés : km parcourus, durée, vitesse, VMA ….

En 3 mois j’ai parcourus plus de 1000 km, fais plus de 20.000 m de D+ avec 6 à 8 séances par semaine dont une à deux de PPG (Préparation physique générale).

Cyrille Marois

Tu parais particulièrement affûté, quelle place a tenu ta préparation physique (hors course) ?

Les séances de PPG ont été une clé de réussite car aucune douleurs au dos, aux épaules liés au sac à dos (environ 6 kg) ni aux bras avec l’utilisation des bâtons (soulagent de 20% les jambes).

Avais-tu participé à d’autres courses cette année afin de te préparer à cette épreuve ?

Oui. Le Marathon de Rome en accompagnement d’un ami. Cela qui m’a permis de travailler le foncier sur le premier trimestre sans puiser dans mes réserves. Puis les 10 bornes de la saint Médard 3 semaines avant l’échéance afin de faire une séance au seuil.

Côté équipement, quel conseil peux-tu donner ?

L’importance de tester le matériel et ravitaillement à chaque sortie longue. De ce fait le jour je n’ai eu aucun soucis.

Avec du recul qu’est-ce que tu ferais différemment ?

Rien. Je suis convaincu que la préparation était la bonne.

Côté alimentation, avais-tu suivi un régime alimentaire spécifique ?

Toute l’année je soigne mon alimentation la semaine et je me fais plaisir les week-end avec du vin et des aliments « plaisir ». Par contre je limite fortement le gluten et le lactose.

Le dernier mois de préparation je n’hésite pas à augmenter les quantités afin de me créer des réserves suffisantes d’endurance.

Quel type de récupération vas-tu respecter ?

10 jours complets d’arrêt puis reprise tranquille sans fractionné. Ensuite sur août pas plus de 2 sorties par semaine et au feeling

Quel est ton prochain objectif ?

La saison prochaine sera, si tout va bien, dédiée aux Marathons (Orléans et Paris) sur le premier semestre. Je m’objective entre 2h40 et 2h50 pour voir si malgré le train et l’âge je peux encore performer. Sur le second semestre, je repars sur du trail.

Je te remercie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions. Bonne récupération.

 

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