Jonathan Duhail

Fiche identité coureur :

Nom : DUHAIL

Prénom : Jonathan

Date de naissance : 03/07/1983

Catégorie : Senior

Club : TEAM OUTDOOR PARIS – UA Versailles

Taille : 1m89

Poids : 77kg

Palmarès 2015 : 2nd du Classement du Trail Tour National Court 2015 (victoires à l’Infernal Trail des Vosges et au Trail de Sancerre ,2nd au TransJu’Trail, 5ème au Trail de Faverges),

7ème des Championnats de France de Trail Court 34km TTN,

1er à THE TRAIL 35 kms,

Vainqueur du Marathon de Sauternes (2014 et 2015),

Marathon de Sénart en 02:29:39,

Corrida de Houilles en 00:31:29.

Bonjour Jonathan et merci de prendre quelques minutes pour nous répondre. Depuis trois ans, tu enchaines les performances sur beaucoup de courses différentes, des trails courts, des trails plus longs, en plaine ou en montagne, mais aussi des courses sur route du 10 km au marathon. Cette polyvalence attire forcément l’attention. Alors, nous allons essayer de percer ton secret pour briller sur des compétitions si différentes les unes des autres.

  1. Si on te demandait de définir le coureur que tu es en quelques mots, lesquels seraient-ce ?

Je suis un coureur plutôt polyvalent (bon ok j’entends tous ceux qui disent que je descends comme une bouze en train de rigoler, mais j’ai quand même progressé) et qui aime pratiquer ce sport toute l’année, aussi bien par beau temps que sous la pluie, de jour que de nuit, en plaine qu’en montagne.

J’aime me faire mal à l’entrainement et sentir que les jambes sont allées au bout, mais j’aime par-dessus tout l’adrénaline de la compétition !

  1. En 2015, on t’a vu commencer par des cross, puis des trails avec notamment une seconde place au Trail Tour National circuit court puis faire quelques courses sur route. Comment organises-tu ta saison ?

Depuis que je cours, j’ai plutôt tendance à enchainer les compétitions sans qu’il n’y ait vraiment de fil conducteur. En gros, je courais quasiment tous les week-ends, juste pour le plaisir de courir.

C’est sûr que c’est quelque chose qui est plaisant mais cela génère quand même beaucoup de fatigue.

L’année dernière, même si j’ai pris le départ à de nombreuses courses différentes, j’ai quand même quelque peu organisé ma saison afin de pouvoir plus en profiter.

Jonathan Duhail

Pour diversifier les plaisirs, j’ai choisi de commencer par les championnats de cross, puis je me suis orienté vers le trail, avec cette année le TTN court qu’il a fallu quand même planifier un peu vu les courses qui se déroulent aux quatre coins de la France.

Et en fin d’année, j’aime bien refaire un peu de route avec un semi et/ou un 10km pour essayer d’aller chercher un chrono meilleur que celui de l’année d’avant, donc c’est ce que j’ai fait, tout du moins autant qu’ont pu le permettre les malheureux évènements de cette fin d’année et les nombreux rendez-vous sportifs annulés.

Rajoutées à cela, quelques courses pour accompagner ma compagne sur ses propres compétitions et puis quelques courses fun comme le ContrelaMontr’ai en duo,  deux bike and Run avec Agnès et les interclubs sur 5000m.

  1. Du coup, comment gères-tu tes entrainements ? Suis-tu un plan d’entrainement ? Combien de fois cours-tu par semaine ? Sur quels types de séances ? Fais-tu des séances spécifiques suivant la course à venir ?

Au niveau entrainement, je ne suis pas de plan structuré. Je cours souvent le midi au travail, quelquefois le soir en plus et aussi le week-end. Comme je fais partie de plusieurs clubs ou associations, je planifie ma semaine en fonction des entrainements prévus avec chacun, mais aussi avec ceux de ma chérie que j’essaie d’accompagner sur quelques séances quand son emploi du temps professionnel le permet (ce n’est pas forcément facile vu nos horaires décalés).

Depuis un an et sur les conseils d’Agnès, je planifie quand même un jour de repos par semaine (par exemple le vendredi si il y a une compétition le dimanche). Le reste de la semaine, j’intègre au moins deux séances de côtes, une séance de fractionné long et une séance de fractionné court, une sortie longue, des séances de récup à allure plus modérée, des séances à allures rapides. La plupart de ces séances sont effectuées en nature, il est plutôt rare que je m’entraine sur piste vu que je n’en ai pas le midi.

En 2015, j’ai quand même réduit la quantité d’entrainement vu que j’ai fait plus de courses courtes (<40km). Dans la semaine je cours en moyenne 9 fois (sans compter les séances sur lesquelles j’accompagne Agnès) selon les objectifs à préparer. Depuis peu, j’essaie aussi d’adapter quelques séances suivant les futurs objectifs (séances spécifiques cross, séances spécifiques trail roulant, séances spécifiques 10 kilomètres), avec les conseils de ma super chérie :). Et finalement, je me rends compte que c’est très utile !!!

  1. On t’a vu faire pas mal de courses hors Ile de France en 2015. Qu’est-ce qui motive ce choix ?

Alors en effet, cette année j’ai fait plus de courses hors de l’Ile de France. Déjà c’est l’opportunité qu’offre le Trail Tour National, d’aller courir un peu dans tous les coins de France. Et vu que je partage maintenant ma vie avec Agnès, c’est quand même plus sympa d’aller découvrir de nouvelles régions à deux. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai choisi de partir sur cet objectif cette année encore.

Cela permet d’allier le plaisir de courir et de découvrir de nouvelles régions, de rencontrer de nouvelles personnes, d’en apprendre plus sur des villes que je ne connaissais pas jusqu’alors. Et comme en plus, ces courses sont généralement plus relevées que les courses en Ile de France, c’est faire d’une pierre deux coups.

  1. En 2014 comme en 2015, après une grosse saison de trail, on te voit battre ton record sur des courses sur route avec un 31:27 aux 10 kilomètres de la corrida de Houilles cette année par exemple. Pourquoi ce choix ?

Jonathan Duhail
Même si j’apprécie plus que tout courir sur des chemins, j’aime bien quand même de temps en temps me confronter au chrono et pouvoir mesurer la progression d’une année sur l’autre.

Cela permet également de varier les plaisir et de croiser des potes que je ne vois que sur route… et d’essayer tous les ans d’aller taquiner mes records personnels. Pour le moment, ça fonctionne plutôt pas mal, mais plus les années passent et plus ça va devenir dur, on ne va pas se leurrer non plus…

  1. Comment prépares-tu ces objectifs de fin de saison question entrainement.

Suite à la saison de trail, je ne change pas radicalement mon entrainement. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai juste fait quelques séances un peu plus vite et moins longues et ajouté un peu d’allure 10km ou semi dans les séances de fractionné.

Mais c’était sans compter sur Agnès qui a mis les choses au point : si on prépare un objectif on le fait bien ! Du coup je me suis retrouvé à faire quelques séances de dingue que je n’avais jamais faite avant, avec ma coach à côté en VTT 🙂 C’est sûr que cela paie et finalement, j’y ai pris beaucoup de plaisir…

 

Jonathan Duhail

  1. Et 2016 alors, comment vas-tu envisager cette nouvelle année de course ?

En 2016, les objectifs vont être sensiblement les mêmes que pour 2015 : avant tout se faire plaisir !

On a organisé la saison avec Agnès, pour essayer de faire en sorte que chacun puisse s’éclater. Même si tout n’est pas finalisé, les grandes lignes sont déjà tracées : début de saison en commun avec les cross.

De mon côté, je ferai des courses du TTN court tout au long de la saison comme en 2015 pour essayer cette fois d’aller chercher la première place et je participerai de nouveau aux Championnats de France de Trail Court.

J’accompagnerai aussi Agnès dans sa prépa et sur quelques objectifs : Wings for Life, 100km de Millau, aller chercher un -3h sur Marathon, si, tout du moins, sa blessure le lui permet.

J’ai aussi décidé d’intégrer un marathon comme l’année dernière, mais, cette fois-ci, ce sera le marathon de Sénart. L’objectif sera d’aller chercher un gros chrono (si possible 2h25) et non de jouer la gagne comme à Sauternes.

Après les championnats de France de Trail, il restera un gros objectif que j’avais envie de refaire cette année : Les Templiers. C’est une course géniale sur laquelle j’ai pris un plaisir énorme en 2013 et 2014. L’année dernière ça m’a beaucoup manqué de ne pas y aller, donc cette année j’y retourne. Coup de pression d’Agnès direct : « Je ne ferais l’assistance qu’au premier de vous deux entre ton frère et toi ! »

  1. On ressent dans tes propos ce profond plaisir de courir; dis-nous un peu, comment cela se passe quand tu es blessé et que tu ne peux plus courir?

Alors déjà j’essaie de faire en sorte de ne pas me blesser car, en effet, la course est pour moi une vraie échappatoire et je ne me sens pas super bien quand je ne peux pas courir pendant un petit moment.

De 2010 à 2012, pendant un an et demi, je n’ai pas couru ou presque. J’ai eu de gros problèmes de dos après m’être fait renverser deux fois en six mois par deux voitures alors que j’étais en vélo.

J’ai alors décidé de changer de foulée en favorisant une foulée avant-pied pour limiter les chocs sur la colonne vertébrale. Après une période d’adaptation plutôt longue, je me suis remis à courir en prenant beaucoup de plaisir.

Infernal-trail-des-Vosges

Après, c’est sûr qu’au vu de ma pratique intensive de la course, il m’arrive encore d’avoir des petits bobos plus ou moins handicapants. Ça reste compliqué pour moi d’accepter de ne pas courir malgré ces gènes ou douleurs. Agnès m’aide à prendre soin de moi et à plus écouter mon corps. Le fait d’avoir introduit un jour de repos par semaine me permet de limiter les risques de blessures souvent liés à la fatigue.

  1. On entend de plus en plus parler de bigorexie (dépendance à la course à pied), quel est ton regard là-dessus?

En effet, on en entend de plus en plus parler étant donné que la course à pied est une activité en plein développement. On parle souvent d’endorphines, ces molécules qui sont secrétées par notre corps lors de la pratique d’un effort physique long. Elles seraient à l’origine de cette forme de dépendance. Plus on en fait et plus on a besoin de courir car la dose produite ne suffit plus pour ressentir un plaisir total.

La course à pied est également souvent un exutoire à un problème personnel ou professionnel ou les deux. On va courir car on se ne sent pas bien dans sa vie, au travail ou juste parce qu’on n’a pas vraiment d’autre chose à faire.

Avant d’avoir une vie sociale plus équilibrée, je courais environ 200 kilomètres par semaine. Avec une sortie de 3 à 4 heures hebdomadaire et sans aucun jour de repos, tout en faisant des courses tous les week-ends, voire deux fois par week-end quand l’occasion se présentait. Je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas continuer comme cela une fois que j’ai eu une vie de couple.

Déjà, vivre à deux nécessite de s’adapter, surtout quand les horaires de l’autre sont en décalé. J’étais tout le temps fatigué. Et je ne profitais ni des moments pendant lesquels je courais, ni des moments avec ma compagne ou mes amis. Il m’a fallu quelques mois pour accepter que je ne puisse pas courir autant qu’avant sans risque de me blesser ou de rendre tout le monde malheureux autour de moi.

Cela n’a certes pas été facile et c’est là que l’on s’aperçoit que ce sport peut effectivement provoquer des addictions. Maintenant, c’est une question d’équilibre comme souvent dans la vie. Il y a des périodes où s’entrainer plus va être possible parce que l’on prépare telle ou telle course qui nécessite plus d’implication. Et il y a des moments où l’on va privilégier d’autres choses importantes. Tout est une question de dosage et de partage 😉

Personnellement après quelques temps d’adaptation, je me sens plus épanoui en ayant réduit ma pratique de la course à pied et je suis également plus performant, ce qui ne gâche rien !

  1. Pour terminer, quelle course te ferait rêver plus que tout ?

Pour moi, à partir du moment où l’on peut courir, il faut en profiter. Il y a tellement de personnes qui aimeraient le faire et qui ne peuvent pas ou plus que j’apprécie la chance que j’ai de pouvoir pratiquer mon sport favori tous les jours ou presque.

J’aime avant tout partager la course à pied avec de nombreuses personnes : amis, famille, copains de club, ma chérie bien sûr… Un truc que j’aimerais faire un jour, c’est la TRANSROCKIES Run avec ma chérie : une course en duo par étape dans les Rocheuses sur 6 jours pour bien en profiter.

Agnès HERVÉ

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