Sandrine GUILLAUME au départ du « TRIATHLON SUD VENDEE », le 04 octobre dernier, a parcouru 1,9 km de natation, 90 km de Vélo, 21 km de Course à pied. A travers ce récit, Sandrine nous fait revivre sa course.

Pourquoi ce Triathlon ?

Je me suis inscrite sur ce L parce-que j’avais été frustrée de ne pas avoir couru le semi lors du dernier L de Chantilly malgré les heures d’entraînement et la motivation de faire ce premier L. Mais, la chaleur et le surentraînement ont eu raison de mon mental. J’étais épuisée et au final blessée.

Fin de tout ça ! Des alertes lancées par mon corps, la tête est revenue, la motivation et la frustration m’en font faire abstraction. Cette douleur au dos va bien finir par passer, depuis que je me suis mise à courir je n’avais plus eu aussi mal, ça ne peut qu’aller mieux. Alors je me mets à chercher un nouveau L, je ne veux pas avoir passé ces heures à m’entraîner pour rester sur un si mauvais résultat. Je trouve enfin. Dernier de la saison ? Peut-être. 4h30 de route… Jouable. Allez c’est parti, je m’inscris.

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Douleur au dos omniprésente

Mais voilà, la douleur au dos est toujours là. Un déplacement à Annecy pour le boulot, l’appel de la course en montagne est si fort. C’était prévu dans ma tête depuis si longtemps ! 5h30 réveil, 6h départ pour une petite visite des environs. Frontale sur la tête je commence par longer le lac. Je croise d’autres coureurs matinaux.

J’ai la montagne en ligne de mire, je grimpe dans les rues puis je trouve enfin un petit chemin de terre. Quel bonheur ! Quel plaisir cette sensation de liberté. Là, je ne croise plus personne. Ça ne dure pas assez longtemps à mon goût mais l’heure tourne et il faut déjà redescendre. Et quelle descente !

Magnifique avec levé de soleil et vue sur Annecy et le lac. Pause photo obligatoire. Retour à l’hôtel et journée de boulot et il faut déplacer 2 lourdes machines. Mon collègue me fait remarquer ma bonne position pour le portage. Pas le choix ! Je plie les genoux ou je reste pliée en 2!

Le soir je prépare mon itinéraire course du lendemain. Motivée que je vous dis !

Mais voilà, la nuit, quasiment impossible de dormir, j’ai très mal et me retourne pour tenter de trouver une position confortable est un vrai calvaire ! Je me lève de bonne heure. Impossible d’aller courir grrrr. Qu’à cela ne tienne. « Bonnant,malant », je pars marcher. Même ça, ça fait trop mal. J’envoie un mail à mon ancien Osteo qui est allé se perdre du côté de Disney. Il me colle un rendez-vous le lendemain matin. Ouf !

Mercredi matin son verdict tombe : le psoas gauche est trop faible il faut faire plus de gainage et pas de sport avant lundi. Et la douleur ? Elle va se diffuser et passer. Je fais une croix sur l’entraînement de l’écotrail pour lequel je m’étais inscrite le samedi. La douleur ne me quittera définitivement qu’à partir du mercredi. 10 jours de repos total !

Reprise de l’entraînement, doucement mais surement …

Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. La reprise a été dure. Plus de souffle, aller courir 10km engendre des courbatures le lendemain. Moment de panique, la course c’est dans 2 semaines, j’ai à peine roulé, et encore moins nagé. Le dernier WE avant la course, séance de rattrapage. Vélo samedi en club, 60 km on fera avec. Dimanche, sortie longue de 15 km et lundi midi, renforcement.

Le soir j’enchaîne 2km de crawl sans m’arrêter en m’excusant auprès de Mika mais pas trop le choix. Le lendemain matin, bonjour les courbatures, j’ai même mal dormi à réveiller ces muscles endormis. Au moins ils sont réveillés maintenant ! Mercredi midi dernier petit footing de 10 km. La mécanique tourne, le souffle est revenu, ma vitesse de base a augmenté. C’est pas mal. Plus qu’à faire les valises.

En route pour la Vendée

On part le vendredi soir avec une escale au Mans pour faire dodo et surtout couper le trajet. Je conduis à l’aller et la voiture ça me saoule un peu. On repart le samedi matin tranquillement, on n’est pas pressé, c’est génial de prendre son temps. En chemin il fait beau, la campagne est belle.

À un moment je lance : « ça me donne envie de m’arrêter, mettre les running et aller courir ! »  Mon chéri est un peu surpris, pourtant il a l’habitude que je sorte ce genre de truc (lol). Bon, avec la course le lendemain ça le fait pas alors je continue ma route direction la tranche sur mer (85). Restaurant, ballade et sieste au soleil sur la plage, un régal !

Direction l’hôtel puis le retrait des dossards. Je regarde un peu la natation puis la transition du S. Et c’est parti pour un tour de reconnaissance. Mon erreur fut d’être allée jeter un œil de jour au deuxième bassin. Effectivement la natation se déroule en bassin (pourquoi pas dans la mer est une bonne question, je garde le suspens).

Une ligne droite dans le premier bassin, une sortie à l’Australienne. On fait le tour du 2ème bassin. Ressortie à l’Australienne pour revenir faire une sorte de V dans le premier bassin. Sur le papier ça avait l’air facile.

C’est le jour J!

Matin de la course, je me réveille avec des doutes, je ne suis pas entraînée. Je n’ai fait aucune transition vélo / cap depuis le dernier L car après chaque sortie vélo, même la plus petite, je m’allongeais pour faire passer le mal de dos et pouvoir me re-déplier et marcher droit.

La hantise du vélo ! Je ne suis pas très motivée, je resterais bien au lit au lieu d’aller affronter la météo à laquelle je jette un œil. La pluie est toujours prévue pour 15h, pas de changement. Dans le même temps j’apprends que le M de Nice a été annulé pour cause de grosses intempéries. Pas de chance Béné.

Petit déjeuner et en route pour le départ de la course. Il fait froid, il y a du vent. Que du bonheur. Je dépose le vélo. Le speaker annonce les températures : 15 dans l’eau, 10 dehors.

Je vais m’échauffer, enfiler la combi. Je mets les claquettes et je vais tester l’eau. Plutôt fraîche en effet.

Briefing. L’explication du circuit natation est ambiguë, enfin claire mais ne correspond pas du tout au parcours fourni sur le papier, ce qui me déroute complètement. Pas grave je suivrai les autres, en espérant que tous ne me décrochent pas!

Drafting non autorisé, penality box…OK ça, ça va. C’est parti pour l’aire d’échauffement. Je rentre dans l’eau jusqu’aux cuisses. Je m’arrête là, je n’ai pas envie de grelotter en attendant le départ. Les hommes sur la droite, les femmes qui ne voulaient pas partir avec les hommes sur la gauche, pas très nombreuses.

Le départ est lancé, c’est parti!

Levé de drapeau, et PAN!   C’est parti, on se jette à l’eau, ça fait entonnoir et ça bouscule sec. Pas grave, je nage n’importe comment, c’est la tasse au polo :'( c’est la première fois que ça m’arrive. L’eau est salée, je savais, je l’avais goûtée la veille. Bon allez tout droit jusqu’au tapis bleu, ils ont même mis des lignes d’eau pour délimiter le parcours. Nickel. Sortie à l’Australienne. Ça fait du bien, je détends les bras.

Le répit n’est que de courte durée, il faut se jeter à nouveau à l’eau. Et là c’est la panique, rien ne va plus. Plus de ligne d’eau. Je ne vois pas où est la prochaine bouée. Je rebois la tasse en faisant un polo. Je fais quelques mouvements de brasse pour essayer de comprendre le circuit. « Ça fait un M » m’avait dit un concurrent après le briefing. Mais vu d’ici ça ressemble à un joyeux bordel. Il y a des nageurs dans tout le bassin, impossible d’apprécier ce qu’il faut faire. Nous sommes 3 attardés en queue de peloton. Il ne me reste plus qu’à m’accrocher à eux. Les pensées négatives m’assaillent. Je fini la natation et j’arrête, je suis nulle, je ne sais pas nager….

Je vois la première bouée jaune à contourner en la laissant à gauche. Après c’est une grande bouée longue et blanche à laisser à droite (celle-là avait un nom spécial que je n’avais pas compris au briefing). Nouvelle bouée jaune, à gauche et ligne droite vers la plage, je suis toujours dans le groupe de 3. Le gars à ma droite ne nage pas droit, ça me gêne car nos trajectoires se croisent mais il perd du temps, ce qui m’arrange. Il faut ressortir de l’eau.

Mon chéri est à nouveau là : « allez c’est bien ! » je lui demande si je suis la dernière « non » je pense : « il est trop gentil mon chéri, j’étais persuadée que j’étais dernière » et il m’encourage, court avec moi. Il me dira plus tard que j’étais avant dernière …

Le gars qui ne nageait pas droit était derrière. Un bénévole m’aide à descendre le tapis bleu pour retourner à l’eau : « attention ça glisse, plonge et tire à droite » euh… OK. Un stand up paddle me guide en restant à côté de moi. De temps en temps il me dit « à droite » et enfin je l’entends dire « allez c’est l’arrivée ! » Pfiou ! Fin du calvaire.

Après la nage, place au vélo.

L’aire de transition est courte, le parc à vélo est presque vide, il ne doit plus en rester que 5/6. Galère pour enlever la combi, peur de me faire mal au dos en faisant un faux mouvement. Allez casque, haut vélo, coupe-vent, je grelotte, j’espère ne pas regretter mon choix d’avoir enlevé les gants longs et pris juste les courts.

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Je remonte le parc à vélo, un gars est là, debout devant son vélo, couverture de survie sur les épaules, pour lui la course est finie. La ligne, « allez madame c’est bon » oui je chausse est c’est parti. Un petit tour en ville et là c’est la cata. Le circuit en 3 boucles est composé d’une succession de lignes droites.

La première doit faire 9 km avec du vent pleine face. Je n’avance pas, j’avais décidé de faire le vélo tranquillement pour ne pas me faire mal au dos mais ça à l’air mal parti, je vais devoir me plier pour offrir le moins de résistance au vent. Un gars me double et m’encourage, puis un autre, il a des écouteurs ! Ce n’est pas juste ! Ce n’est pas réglementaire !

Dur, dur … du vent, beaucoup de vent !

Le compteur ne dépasse pas les 19 km/h! Je vais m’arrêter après le premier tour et aller me faire un restau avec mon chéri, on va finir de profiter du week-end, je suis perdue dans mes pensées négatives. De toutes façons il fait moche alors c’est foutu pour en profiter. D’un coup une femme me double à bonne allure malgré le vent.

Alors j’entends un cliquettement régulier, je tourne la tête pour tenter de savoir d’où ça vient. Une moto se porte à ma hauteur : « c’est la musique que vous entendez. Je suis la moto qui suit le dernier vélo. Je vais vous accompagner en musique ».

C’est sympa hein ? » ça veut surtout dire que je suis le dernier vélo ouais ! « Vous savez ? C’est énorme ce que vous faites madame ! » et il se remet derrière moi pour laisser doubler les costauds. Il a trouvé les mots justes.

Au demi-tour, vent de dos, je passe de 18 à 37 km/h. Voilà qui est mieux ! Je reprends la femme qui m’avait passé et lui laisse la moto bien volontiers. J’aperçois un nouveau lièvre. Ça c’est cool, ma prochaine cible !

Vers le tiers de la ligne droite, il faut tourner à droite, redescendre petit plateau et les bénévoles qui s’égosillent : »serrez à droite ! Serrez à droite ! » oui on avait été prévenus au briefing, il faut serrer à droite sous peine de face à face avec les cyclistes sur le retour de la boucle.

Il faut relancer, vent 3/4 de dos. Il y a des virages et le vent qui ne tourne pas se retrouve tantôt 3/4 face, tantôt pleine face, tantôt 3/4 dos…

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Ravitaillement bien mérité !

Bref de temps à autre je me retrouve couchée sur le vent, ce qui n’est pas très confortable et négocier le demi-tour étroit sur l’aire de ravitaillement se transforme en jeu d’équilibriste. Parlons-en de cette aire de ravitaillement.

Personne pour passer des barres ou des bidons, il faut descendre du vélo si on veut ravitailler. Grrr je n’avais pas prévu ça ! Et le pire c’est que j’en parlais la veille et j’avais bien pensé à prendre l’un des bidons des dernières courses que je jetterais pour attraper celui qu’on me tendrait.

Du coup, avec ma grande expérience je suis partie avec un seul bidon (jus de coco, jus de fruits rouges et eau) de 75cl. Heureusement, il fait froid et je ne transpire même pas ! Mais j’ai quand même soif et me retrouve à économiser la boisson. Pas glop. Heureusement j’ai un petit sandwich palette de porc/pain de mie sans gluten. Le départ étant à 10h j’avais prévu d’avoir faim. Ce n’est pas pratique à manger sur le vélo mais ça fait plaisir 🙂

Le chemin de retour dans la première boucle se fait plutôt bien, et puis je trouve sympa tous ces cyclistes sur la route qui s’encouragent mutuellement.

Et en repassant le croisement je retrouve le vent de dos, j’ai le moral qui remonte. En entrant dans le village il y a pas mal de spectateurs pour nous encourager, ça réchauffe le moral et le cœur.

Encore un demi-tour, devant le parc à vélo qui est fermé pour l’instant et devant la ligne d’arrivée. Ça, ce sera pour tout à l’heure.  Finalement je me lance sur mon 2ème tour. Le compteur remonte et indique 20. Chouette !

Des costauds me doublent (de ceux qui côtoient ou montent sur le podium), 2 d’entre eux m’encouragent : « allez c’est bien ! » je les remercie et les encourage à mon tour mais mes paroles doivent se perdre dans le vent.

Ca double, ça redouble et ça reredouble ! C’est la course poursuite…

J’ai toujours mon lièvre en ligne de mire, ok ça va, mais le compteur redescendent à 18/19 le long de la mer. Demi-tour, virage à droite, « serrez à droite ! »  » Oui oui, je serre à droite » et dans le virage juste après je passe mon lièvre.

Je me demandais pourquoi il n’avançait pas alors qu’il avait le vent dans le dos sur la ligne droite, je me le demande toujours. Je l’encourage. Il ne tardera pas à me redoubler à son tour un peu plus loin. Aire de ravitaillement, le vent de face puis retour.

Je double à nouveau mon lièvre après avoir laissé passer un petit paquet de plus rapides. Il me double à nouveau un peu plus loin. Mais une fois que je retrouve le vent de dos sur la ligne droite qui nous ramène au village, je le reprends. « Allez ! Ce n’est pas le moment de se reposer! » – « ah je le savais ! » qu’il me répond.

Une fois dans le village il y a beaucoup moins de spectateurs pour le parcours vélo. Je jette un œil à gauche, les gars sont en train de courir et il me reste un tour. Les spectateurs qui sont restés sur le vélo sont massés près du petit rond-point dans lequel il faut faire demi-tour.

C’est réparti sous les encouragements. Mais à la sortie du village il commence à tomber quelques gouttes, même pas de quoi mouiller la route mais on dirait que le vent a forci. Le compteur ne dépasse pas le 18. Un bénévole me lance « y’a du vent hein ? » – « oui il est usant!».

Même le vieux bonhomme qui était assis de l’autre côté de la route depuis le début a changé de côté pour se mettre à l’abri derrière un panneau, ce que je lui fais remarquer. Je commence à criser, les larmes me viennent, la crise de nerf n’est pas loin, j’ai toujours dit que le vent ça rendait fou. Allez ! Il faut que je me ressaisisse.

Je commence à gueuler : »allez ! Allez ! Force ! Force et honneur comme ils disent ! » et là y’a mon gars qui se porte à ma hauteur et me dit : « ça commence à être dur hein ? » – « ouais » – « au moins on est tranquille on a toute la place » –  » oui et on n’est pas embêté par les arbitres » –  » oui ! Bon allez je te laisse tu vas me redoubler de toutes façons » et le voilà reparti dans le vent.

TRIATHLON DE L’AIGUILLON-SUR-MER (85)

Dernier tour : plus qu’à s’accrocher !

Ça fait du bien ce petit échange le compteur remonte à 19. Cette foutue ligne droite n’en finit plus. Le vent me donne l’impression de monter une côte interminable et invisible. Enfin le demi-tour, je dis aux bénévoles « c’est le dernier ! ». Le vent dans le dos je retrouve des jambes, je passe mon cycliste qui n’appuie plus sur les pédales et cherche un truc dans sa sacoche arrière. « Qu’est-ce que tu fous faut y aller là ! » –  » je cherche la bouffe ! » qu’il me répond en riant. Bon OK.

J’arrive au croisement, les bénévoles applaudissent et m’encouragent, ils ne demandent plus de serrer à droite, en même temps il ne reste plus grand monde sur la route. Alors je dis « je serre à droite, je serre à droite ! » ça les fait bien rire. Je continue. Le gars me redouble à un moment. Pas grave. On se recroisera.

À l’aire de ravitaillement les bénévoles proposent des fruits : « pas le temps ! » –  » vous avez raison les premiers ne sont pas très loin » qu’ils me répondent en rigolant pendant que je joue les équilibristes dans ce foutu minuscule rond-point improvisé.

Je croise les derniers vélos suivis de la moto, je fais un signe au motard, il en fait de même.

Sur cette portion de retour il y a un virage, j’arrive dedans vent 3/4 dos à 34, je me baisse sur le vélo, je me penche dans le virage et là !

Vent 3/4 face qui m’emporte et me fait faire un de ces écart ! Je m’en tire avec une belle frayeur. Au croisement, tous les bénévoles se sont accumulés et nous encouragent. Enfin la dernière ligne droite.

Je double pour la dernière fois mon compagnon d’infortune, il me demande si ça va aller pour la suite. Tu m’étonne que ça va aller, je suis là pour courir moi ! Je lui réponds que oui et je trace, je ne le verrai plus. Le vieux monsieur s’est remis de ce côté de la route et demande si c’est fini. « Oui c’est la dernière ».

Au passage je fais un signe d’au revoir aux bénévoles au bord de la route, ils avaient toujours le sourire et encourageaient. Heureusement qu’ils étaient là. Devant le parc à vélo je repère l’arbitre avec son drapeau, la ligne, déchausse, j’entends « allez ce n’est pas fini ! ». Je cours à mon emplacement. Les pros ont fini. Mon chéri est là en face de ma place. « Ça va ? » – « oui ! » je réponds avec un sourire jusqu’aux oreilles- « on dirait ».

Plus que 21 km de course à pied … Courage !

J’enfile mes baskets, je dépose la chambre à air et attrape le reste de bouffe. C’est parti à petite foulées le temps que le corps comprenne qu’il faut courir, il sera d’ailleurs très réactif à ma grande surprise. Mon chéri longe le parc à vélo en courant pour m’accompagner, derrière lui, passent les coureurs qui doivent en être à leur 2ème ou 3ème tour, on les regarde, on doit penser la même chose (lol).

Qu’est-ce qu’ils sont costauds et ils ont l’air facile. À mon tour de jouer. Dans le premier kilomètre, je ressens une gêne au niveau des doigts de pieds. Je dois avoir du sable dans la chaussure. Je m’arrête, je m’assois par terre, retire ma chaussure, je la secoue, la remet et c’est reparti.

Pas pour longtemps, l’opération secouage de chaussure n’a servi à rien, le sable doit être dans la chaussette. Rebelote. Même manœuvre sauf que cette fois je secoue la chaussette et j’essuie entre les doigts de pied.

Cette fois c’est la bonne, je suis partie. J’entends « cailloux ? » –  » oui » – « allez c’est bien ». Ça doit être la phrase du jour. Une femme tout de noir vêtu avec un T-shirt finisher Ironman de Vichy 2015. Je me dis qu’elle doit avoir de la bouteille et je la suis.

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Direction la plage et le sable mou

Premier ravitaillement, je m’arrête boire un coup. Petit chemin sablonneux qui longe la côte dans la lande, j’aime ! On doit passer un de ces espèces de barrage en bois qui empêche les véhicules à moteur de passer, il est composé de 2 barrières parallèles.

Demi-tour à droite, demi-tour à gauche et direction la plage. Heureusement la portion de sable mou est petite. Il faut emprunter une passerelle de bois, faire quelques foulées dans le sable meuble pour arriver sur du sable que la marée descendante a laissé assez dur. La remontée est moins évidente.

J’opte pour couper un peu, le parcours n’est étonnement pas balisé sur cette portion mais je ne pense pas que qui que ce soit ait fait la longueur dans le sable mou. Mauvaise option que de vouloir grappiller quelques mètres. La petite montée fait mal aux jambes mais ça passe et je suis contente de retrouver la passerelle.

Copinage et ravitaillement

Une vieille dame s’est mise en embuscade en haut de la petite côte qui nous ramène vers le village pour nous encourager, elle a l’air époustouflée et dit « c’est vraiment énorme ce que vous faites, vous savez ?! » -« merci ». L’ironwoman est arrêtée au ravitaillement pour un quartier d’orange.

Comme il n’y a pas de verres à dispo, je passe mon chemin. Elle revient sur moi et je m’accroche à elle. Je lui demande à quel tour elle est car je ne me souviens pas l’avoir vue au vélo : « c’est mon premier comme toi, ça va aller » – « félicitations pour l’iron de Vichy ce n’était pas facile » – « non ce n’était pas facile ». Nous cheminons donc ensemble.

Au ravitaillement près de la fin du tour je prends un verre, mince du sirop. Beurk.

Je prends un verre d’eau et m’arrête pour le boire laissant filer la dame. Pas grave.

Pour les autres boucles il faut tourner à gauche juste avant la ligne d’arrivée. Le parcours est délimité par des barrières en métal. Qui vois-je tracer droit vers l’arrivée ? Mon ironwoman !

Mince mais qu’est-ce qu’elle fait ? Je continue mon chemin. Elle me rejoindra un km plus loin en disant : « j’ai passé la ligne d’arrivée ! 4ème femme ! Je me suis dit c’est quoi ce bordel » – « ben ouais je t’ai vu tracer tout droit » et je la lâche. La pluie vient de s’inviter. Je double d’autres concurrents tant est si bien que je fais l’impasse sur la pause pipi.

Sur cette 2ème boucle la remontée dans le sable me fait vraiment mal aux jambes. Là, je me dis que si je veux terminer j’ai intérêt à le faire en marchant sur la dernière boucle.

3ème et dernière boucle

3ème boucle. Je me sens bien. J’apprécie d’avoir prévu ma casquette qui protège mes lunettes de la pluie et mes yeux d’une eau mélangée à la sueur qui sont des plus désagréables.

La terre est rendue amoureuse par la pluie, du coup sur les premiers kilomètres j’opte pour passer dans l’herbe, ça rend l’effort plus dur mais toujours moins que de se retrouver collé au sol à chaque foulée pour repartir avec des semelles de plus en plus lourdes.

Je fais mon arrêt technique dans la portion de lande. Une dernière danse avec la barrière de bois, un dernier passage sur la plage, et en levant les yeux je comprends pourquoi la natation ne s’est pas faite en mer, c’est un champ de poteaux pour l’élevage des moules et des huîtres.

Cette fois je longe la mer jusqu’à la hauteur de la passerelle et dès que le sable devient trop mou je marche quelques pas.

Une fois sur le bois je me remets à courir, la vieille dame en haut de la bosse est toujours là avec le sourire et ses encouragements. Je la remercie. Je ne m’arrête plus au ravitaillement, c’est la dernière.

Dans le village je me place derrière une concurrente et au moment où je veux la doubler, douleur intercostale carrément  flippante au niveau du cœur avec point de côté à l’épaule gauche.

J’attrape mon col  avec ma main gauche, normalement, avec le bras plié comme ça le point à l’épaule passe. Mais les questions m’assaillent c’est quoi cette foutue douleur ?!? Bon je marche quelques pas, je tire les bras au ciel.

Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je dois faire ? M’arrêter et signaler le problème ou finir la course coûte que coûte? Quelqu’un a-t’ il dit que les sportifs étaient raisonnables ? Je me remets à courir, je double la dame devant moi.

L’arrivée est proche

Mon chéri est là, je lui explique, en bon ancien pompier volontaire il me demande si je me sens bien et face à mon silence fini par dire qu’il me laisse me concentrer et qu’il va m’attendre à l’arrivée.

Je relâche mon bras gauche et j’enchaîne. La douleur passe et je fini par franchir la ligne d’arrivée trop contente de voir le chrono indiquer 6h20 et quelques secondes !

Objectif accompli ! J’ai terminé, j’ai tout couru, je suis super contente et je verse même pas une larme tellement je me sens bien.

 Au ravitaillement final un bénévole vient me parler. Mes manchons rose fluo m’ont rendu quelque peu … Repérable lol.

On discute un peu, je le remercie mais il adore faire ça apparemment. Ça l’occupe pendant sa retraite 🙂

Récupération du t-shirt finisher, bleu pour les filles, rose pour les garçons, original. Je vois l’ironwoman arriver, je l’applaudis, un signe de tête et un sourire en guise d’au revoir. Récupération du vélo et tout est fini.

J’ai pleins de nouveaux chouettes souvenirs dans la tête même si ça n’a pas été facile, que je n’étais pas vraiment motivée et que j’avais peur de me faire mal à nouveau. Mais ça valait le coup.

Sandrine GUILLAUME

 

Emeline GALLAND

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